
Janvier, c’est le mois des voeux et des galettes des rois. Février est le mois des crêpes et des bilans. C’est le mois où toutes les collectivités se penchent sur leurs comptes. Et c’est passionnant!!! Dépenses d’investissement, recettes d’investissement, dépenses de fonctionnement, recettes de fonctionnement et au final, tout va très bien Madame la Marquise. On se colle donc trois heures de chiffres pour finalement arriver à la conclusion que le bilan est équilibré, que le budget prévisionnel est calculé sur les bases des résultats de l’année précédente et que tout cela fonctionne très bien.
Ce serait pourtant tellement plus drôle d’annoncer que la dette est béante, qu’il n’y a plus d’argent et qu’il faut simplement fermer les vannes. Ce serait tellement plus marrant d’annoncer qu’en 2009, rien ne sera fait, parce que les caisses sont vides. Mais ça, ça n’arrivera jamais. Ils sont forts les comptables n’empêche. Cela tombe pile poil, à la virgule près. Un bilan, c’est le même montant de dépenses que le montant de recettes. On ne va pas me faire croire que c’est pas trafiqué, à un moment. Alors qui enlève quoi où? Vous me suivez?
Et donc je parlais des crêpes. Autre tradition de ce mois de février. Petit conseil aux éventuels cuisiniers, il faut absolument rajouter quelques gouttes d’eau de fleurs d’organger dans la pâte à crêpes. Recette de famille. Donc février mois des crêpes. Et je dois absolument raconter une anecdote. Je participais à une manifestation festive, dans un village de campagne, avec des crêpes au menu. Très généreuse, la spécialiste es-crêpes engagée ce jour-là me proposa une petite crêpe avant de repartir sur d’autres reportages. Gourmande comme pas deux, j’accepte bien volontiers et déguste ma crêpe au suc’ tout en rejoignant ma voiture.
Je croise un homme sorti tout droit de sa campagne, fumant sa gitane maïs, qui me lance, alors que je terminais ma crêpe : « Et la ligne alors?! ». N’étant pas disposée à laisser passer cet outrage (non, non, n’ayons pas peur des mots), je lui rétroque : « Et tes poumons, c… ».
Parce qu’il faut préciser qu’un correspondant passe sa vie à sourire, à serrer des mains et à faire le tour des cocktails et autres soirées people. Autant dire qu’il passe sont temps à faire de la lèche. Et ce n’est pas bon. Parce que forcémment, il sourit, mais n’en pense pas moins. Et quand il s’excuse pour un article qui n’a pas plu, il est obligé de faire profil bas. Autant de frustrations jamais exprimées. Et forcémment, un jour, le petit correspondant ne peut plus se taire. Et quand un beauf’ lui parle de sa ligne alors que ce n’était manifestement pas le bon jour pour ça, et que sa crêpe, il l’avait bien mérité, et bien ça se termine par un « Et tes poumons, c… ».